Slut-shaming : « elle l’a bien cherché »
By: Jessica Zecchini
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Slut-shaming : « elle l’a bien cherché »
Qu’est-ce que le phénomène du slut-shaming ? Pourquoi est-il dangereux pour les femmes ? Que peut faire la thérapie en ligne ?
Le slut-shaming (« slut » : salope, fille de mauvaise vie / « shaming » : faire honte). En d’autres termes, le slut-shaming est la honte publique à laquelle sont soumises des personnes, des femmes le plus souvent, afin qu’elles aient honte de leurs choix, actions, manières de faire ou de se présenter ; un jugement dévalorisant, arrogant et non demandé, qui vient entamer le droit au libre choix et à la libre vie de l’individu, souvent dicté par une manie de contrôle patriarcale qui s’obstine à vouloir voir la femme dans des canons et des comportements prédéfinis, pour la contrôler et l’assujettir.
Juger : une mauvaise habitude
En psychologie, nous utilisons le terme technique « biais attributionnel fondamental » pour indiquer ce comportement mental qui tend (à tort) à transformer nos jugements subjectifs en réalité.
Ce mécanisme est réalisé par la plupart des personnes de manière continue : une fois qu’un jugement est construit, il est perpétué comme expérience, étalon de comparaison, concept pour établir rapidement et approximativement si une chose est juste ou fausse.
Nous devrions toutefois nous rappeler qu’une opinion, terme d’origine grecque, signifie littéralement « une forme de connaissance basée sur l’expérience subjective », et ne constitue donc pas et ne possède pas la certitude objective de la vérité (doxa-treccani.it).
Voir au-delà de nos opinions
Voir au-delà de l’opinion subjective, liée à des croyances limitantes et personnelles, est un acte d’intelligence, de maturité et d’ouverture. Il est important de réussir à donner une bonne secousse à nos points de vue, à faire s’effondrer et reconstruire, à mettre en œuvre une compréhension plus humble des choses, conscients que la nôtre n’est pas l’unique vérité, et que tout ce qui discrimine et entrave le libre choix de l’autre reste un comportement toxique et inadéquat, non seulement pour celui ou celle qui le reçoit, mais aussi pour celui ou celle qui le met en œuvre, barricadé derrière sa vision égocentrique, limitée et, précisément, subjective.
Slut-shaming : « elle l’a bien cherché »
Revenons quelques années en arrière. Nous sommes en 2011 à Toronto, au Canada. Sur un campus universitaire, une fille est victime d’un viol.
Dans la salle d’audience, l’agent chargé de la sécurité fait part au juge de son opinion selon laquelle la tenue de la fille était voyante et provocante (d’où le sens réel du terme slut-shaming). Dans un événement aussi traumatique et monstrueux dans la vie d’une jeune femme, le crime physique et psychologique, ainsi que les dommages à la liberté d’une personne, ne devraient pas être relégués au second plan à cause d’un préjugé sur l’apparence. Face à un viol, l’agent n’a donc pas vu d’abord devant lui une femme, violée dans son essence et dans sa liberté, mais une couche de vêtements distante de sa vision personnelle rigide de ce que cela devrait être.
Il n’existe aucun vêtement, aucune couleur, aucune nudité qui permette à quiconque de toucher le corps d’une autre personne et de se l’approprier sans consentement. À la suite de cet événement dévalorisant et inacceptable pour la ville de Toronto, la ville elle-même organise une marche de protestation dans tout le pays. À celle-ci, de nombreuses autres marches dites « slut-walk » suivront, pour rappeler et réveiller l’opinion publique sur le fait qu’aucun préjugé et aucun choix vestimentaire ne peuvent justifier un acte terrible, de monstres, comme un viol.
« Slut » devient ici plus précisément « la femme » ; définie comme une salope parce qu’elle s’est éloignée des règles imposées par la société patriarcale. Une idée liée à un stigmate social de honte et d’autoritarisme. Le fait de s’éloigner des attentes sociales et les jugements qui en découlent parviennent encore, à notre époque, à attaquer les femmes, les rabaisser, les faire se sentir inférieures, mauvaises, mais surtout coupables. Cela arrive encore plus à une époque numérisée où les personnes ne connaissent plus les limites entre libre expression et attaque gratuite, et se sentent en droit de dénigrer et de donner leur avis sur des thèmes et sur des personnes qu’elles ne connaissent souvent même pas et qui ne les concernent même pas directement, alimentant le phénomène du slut-shaming et conduisant parfois la victime au suicide.
Que peut faire la thérapie en ligne
Si des années de dommages dus au préjugé, à des visions rigides, patriarcales, discriminatoires et enfermantes ont fait que la femme est devenue prisonnière et a éteint son pouvoir personnel et féminin, avec la thérapie en ligne, le processus le plus important à faire est précisément de le réacquérir.
Grâce à la thérapie en ligne, on peut d’abord soutenir la femme victime de slut-shaming pour qu’elle ne se sente pas coupable, pour remettre l’événement à sa juste mesure, en revenant à la réelle conscience du féminin, avant que le patriarcat ne contrôle le féminin pour lui enlever du pouvoir. Dans la culture chamanique qui restitue du pouvoir au féminin, la femme représente une maîtresse pour l’homme qui a pour tâche de le guider vers une dimension plus spirituelle, en élevant le masculin au-delà de son attachement aux objectifs terrestres et matériels. C’est précisément pour cela que se libérer de la culpabilité et se réapproprier son pouvoir personnel devient d’une importance fondamentale pour la femme et pour ceux qui l’entourent : se réapproprier son pouvoir créatif, rallumer cette flamme intérieure qui a été éteinte et qui, au contraire, a le droit de briller, et d’être libérée de tous ces schémas patriarcaux induits par la société, par la famille, désormais inadaptés à l’époque d’évolution et de progrès spirituel à laquelle les temps actuels nous appellent.
Pour des informations, écrire à la Dott.ssa Jessica Zecchini.
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