Le mal d’amour et l’attachement : la dépendance affective
By: Jessica Zecchini
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Le mal d’amour et l’attachement : la dépendance affective
Quand peut-on parler de dépendance affective ? Quel est le modèle d’attachement correspondant à la dépendance affective ? Quels sont les indicateurs pour reconnaître la dépendance affective et comment s’en libérer ?
Qu’est-ce que la « love addiction » ?
Lorsqu’on parle de love addiction, c’est-à-dire de dépendance affective, les racines sont à rechercher dans la période de l’enfance. Le profil « insécure ambivalent », développé dès l’enfance avec une figure d’attachement, est le profil qui conduit le plus à développer, à l’âge adulte, cette problématique. Il arrive, en effet, que, petit, l’enfant ait dû s’adapter aux exigences de la mère ou du père, en essayant de ne pas déranger et en étouffant ses propres besoins pour être accepté, ou bien qu’il ait dû se contenter d’une présence souvent inconstante (par exemple dans le cas de parents trop occupés, toujours dehors pour le travail, ou davantage centrés sur leurs propres nécessités). Dans ces dynamiques familiales, le nourrisson devient donc « invisible » et tend à s’annuler, ne se sentant pas digne d’amour et d’attention.
La dépendance affective conduit, avec le temps, à restructurer son propre soi. C’est dans l’autre qu’on voit une source de bien-être et de stabilité. Pour maintenir vivante cette vision, la personne dépendante affective fera tout pour maintenir les rapports avec la personne « aimée » et est de nouveau disposée à s’annuler, se sacrifier, et annuler ses besoins afin de ne pas faire s’éloigner l’autre d’elle.
Une autre particularité de la love addiction est que le sujet qui l’expérimente, exactement comme dans l’enfance, aura tendance à poursuivre des partenaires souvent fuyants, peu disponibles, pour reproposer le scénario familial déjà connu, recréant des liens asymétriques et parfois un climat d’hyperprotection et, inévitablement, de frustration.
Il va de soi de comprendre la dangerosité de ce type de dépendance puisque celle-ci peut amener à chercher « la pièce manquante » pour son propre bonheur, en investissant tout soi-même dans des partenaires potentiels ou des amitiés narcissiques, abusantes, perturbées ou avec peu d’empathie. En d’autres termes, elle peut mener à la souffrance et à la création de relations vouées à l’échec.
Les proies préférées des narcissiques
Tout le monde voudrait être aimé et vivre une relation belle et satisfaisante. Beaucoup, cependant, pensent qu’être aimé par une personne difficile, problématique, que nous réussirons avec le temps à changer, est une valeur ajoutée supplémentaire dans la relation. Toutefois, pour la personne dépendante affective, cette préoccupation devient à tous les effets une pensée dominante, et souvent folle et irréaliste. Au lieu de fuir ces profils (action saine), elle tend au contraire à se soumettre ou à se culpabiliser afin de maintenir debout un lien extrêmement toxique et délétère avec une personne narcissique, abusante ou avec des problématiques. La pensée est celle de changer l’autre avec son propre amour et d’obtenir une reconnaissance éternelle et une relation saine et satisfaisante. Plutôt que d’ouvrir les yeux, accepter et évaluer l’autre pour ce qu’il est dans le présent, et se sauver.
Comme toute autre dépendance, la love addiction a elle aussi ses stades, sensations et conséquences, parmi lesquelles : sensation d’ivresse en présence du partenaire, recherche de la dose (proximité de l’autre de manière accoutumante), perte de son propre moi (désespoir en l’absence du partenaire), vide désorganisé et sensation de se sentir perdu (causé par la fin de la relation ou par la seule pensée, typiques des phrases comme « sans lui/elle ça n’a pas de sens », « sans lui/elle je ne sais pas rester ou je ne suis pas capable de faire quoi que ce soit »), crises de colère ou de panique (ses propres besoins ne sont pas exprimés et écoutés, ce sentiment de contrainte se décharge en colère, attaques de panique, ou sensations somatiques).
Indications supplémentaires pour identifier une dépendance affective
Un amour dépendant a plusieurs traits et facettes ; une thérapie en ligne est utile pour réussir à délimiter les dynamiques, creuser en profondeur, mais surtout se libérer et retrouver son pouvoir personnel et la sérénité. Ci-dessous, nous citons toutefois quelques traits communs à une relation malade.
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obsessivité : la pensée est fixée sur l’autre, peur d’être abandonné(e), désir constant de le/la voir au plus vite ;
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crainte du changement : afin de ne pas être abandonnée, la victime s’adapte, ne grandit pas, reste statique par peur de l’autre,
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vivre pour l’autre : on commence à mener une non-vie. Le dépendant affectif ne vit pas de ses rêves mais se nourrit de ceux de l’autre, les soutient, les alimente, suit ses passions, ses nécessités, n’a plus rien à lui et devient comme un parasite capable de se nourrir seulement du partenaire ;
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dévotion : le dépendant affectif, en échange de son annulation, exige une dévotion totale de la part de l’aimé(e), avec des preuves d’amour continues qui, en même temps, stressent et éloignent encore davantage le partenaire ;
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manipulation et hyperpossessivité ;
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incapacité à mettre fin à une relation souvent humiliante, insatisfaisante et autodestructrice ;
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symptomatologies physiques : anxiété, perte d’appétit, insomnie, dépression, tristesse, pensées obsessionnelles.
Est-il possible de se libérer de la dépendance affective ?
La réponse est oui. Toutefois, l’individu devra travailler dur et, avec l’aide d’un thérapeute, partir d’une analyse profonde de lui-même, pour comprendre ses modèles relationnels erronés appris dès l’enfance, les modifier, jusqu’à retrouver ensuite son « Moi », ses passions, ses rêves, mieux se connaître, percevoir sa propre valeur, se désintoxiquant littéralement de l’autre, apprenant à se suffire à lui-même et à s’aimer, pour ne plus tomber victime de relations erronées, douloureuses et destructrices, et jouir, à l’avenir, d’un amour sain, mûr, équitable.
Se donner à une mauvaise personne peut en effet miner sa propre estime de soi, faire perdre du temps et priver de la beauté de vivre une expérience d’amour vraie et authentique.
Pour informations, écrire à la Dott.ssa Jessica Zecchini.
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