BDSM : fantasmes et perspectives biopsychosociales
By: Jessica Zecchini
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BDSM : fantasmes et perspectives biopsychosociales
Que signifie l’acronyme BDSM ? Quels traits biologiques, psychologiques et culturels permettent d’identifier une personnalité BDSM ? Que peut faire la thérapie en ligne ?
Le BDSM (Bondage and Discipline ; Dominance and Submission) consiste en une pratique sexuelle et psychologique, un jeu de rôle de plus en plus répandu, dont le sigle, traduit, signifie « esclavage et discipline » – « sadisme et masochisme ».
Ce jeu de rôle, aux caractéristiques non seulement sexuelles mais, justement, aussi psychologiques, peut avoir lieu aussi bien en groupe qu’au sein du couple, où les parties sont majeures et surtout consentantes.
Les rôles et les positions dans le couple ou dans le groupe peuvent être fixes, ou bien flexibles et interchangeables entre les participants. Le pouvoir et son échange, entre les parties, est le pivot central de cette discipline. Cet échange de soumission et de domination peut se dérouler dans une vaste scène de jeux de rôle, de rituels ou d’expressions, comme des ordres précis (par exemple faire s’agenouiller l’autre), l’utilisation de termes pour s’adresser à l’autre (comme « mistress : maîtresse », ou « slave » : esclave) ; l’utilisation de techniques d’immobilisation ou d’emprisonnement (cages, cordes, menottes) ; de restriction sensorielle (par exemple bander les yeux), ou d’humiliations (comme des insultes, des demandes, des punitions).
Cette pratique acquiert de plus en plus de valeur aussi dans la littérature, prenant une nouvelle lumière, moins pathologique ou jugeante. Les statistiques d’aujourd’hui rapportent que le BDSM est une pratique répandue parmi des personnes instruites et/ou intellectuelles, souvent avec au moins un diplôme universitaire, appartenant surtout à des contextes urbains. Une dernière recherche provenant de Belgique a cherché à fournir une première révision systématique concernant cette discipline afin d’essayer de la réunir et de la définir sous un point de vue biopsychosocial (en tenant donc compte des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui entrent en jeu quand on parle de personnalité BDSM).
Fantasmes ou quotidien
La recherche a mis en évidence tout d’abord que, d’un côté, l’intérêt lié au BDSM reste relégué à un fantasme souvent inexploré ; de l’autre côté existe au contraire un sous-groupe, bien que restreint, qui pratique ces jeux de rôle activement, en impliquant aussi d’autres aspects de la vie quotidienne 24h/24. Dans la majorité des cas, les données rapportent que la plupart de la population a toutefois eu au moins une fois dans sa vie des fantasmes à thème BDSM ; mais que seule la moitié d’entre eux les a mis en pratique au moins une fois dans sa vie ou dans sa relation de couple.
D’où la distinction entre ceux qui voient le BDSM comme une forme de divertissement et ceux qui le voient comme une véritable orientation, une manière de s’identifier.
Essayons de définir quels sont les facteurs les plus communs qui identifient la personnalité BDSM, les traits biologiques, psychologiques et culturels qui vont dessiner, au cours de la vie, une plus grande prédisposition et un intérêt envers de telles pratiques ; tout en soulignant que les recherches dans ce domaine sont encore une source d’étude et en constante évolution.
Facteurs biologiques :
- initialement, le BDSM était vu comme une stratégie fonctionnelle d’accouplement. Selon les statistiques, ce sont les hommes qui représentent plus fréquemment la partie dominante, les femmes sembleraient occuper/préférer pour la plupart des rôles de soumission et/ou de contrainte. Ce résultat est influencé par le sexe biologique, selon lequel des hommes principalement dominants et des femmes principalement soumises sont en mesure de se percevoir mutuellement comme plus attirants, favorisant la naissance d’une descendance biologique ;
- un autre facteur biologique qui influence le BDSM et son orientation, ce sont les circuits cérébraux de la douleur et de la récompense. Bien qu’on pense qu’ils puissent être modifiables dans le temps, ils alimentent toutefois le pivot central de ces pratiques et donc l’échange de pouvoir ; cette activité pourrait par conséquent influer sur la volonté de rester « soumis » ou de vouloir prendre le rôle de « master » ou de « mistress ». En ce qui concerne les études, il est apparu que, par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, les personnalités masochistes montraient ressentir moins de douleur même pendant la visualisation de vidéos ou d’images à thème, justement, masochiste ;
- l’âge : l’âge du participant semble aussi influer sur le choix du rôle. L’âge mûr est davantage associé à un rôle dominant par rapport à un âge jeune (dont l’intérêt semble plus orienté vers la soumission). Évidemment, ce phénomène lié à l’âge est modifiable et variable à mesure qu’il avance. D’autres chercheurs suggèrent que cette préférence puisse changer aussi en fonction de facteurs sociaux ou culturels vécus au fil des années.
Facteurs psychologiques :
- les professionnels BDSM (master/mistress) rapportent, selon les études, une plus grande extraversion, une plus grande confiance dans les relations, une ouverture plus forte aux nouvelles expériences, une moindre instabilité émotionnelle, une moindre sensibilité au rejet, un moindre besoin d’approbation ;
- à l’inverse, dans le masochisme sexuel (rôles de soumission), est apparue une plus grande prédisposition au trouble borderline et, paradoxalement, des niveaux plus élevés de narcissisme. Cette association devra sûrement être renforcée par des études futures ;
- styles parentaux : les styles d’attachement remontant à l’enfance et le modèle de couple reçu de nos parents figurent aussi parmi les hypothèses accréditées concernant la préférence d’un rôle déterminé dans les pratiques BDSM. Pour l’instant, on pense que la prise de conscience d’une figure plus autoritaire dans le couple parental influence la vision de l’enfant en déterminant qui a le droit, justement, au rôle dominant aussi dans les futures pratiques sexuelles ou de couple ;
- traumatismes sexuels : d’autres recherches suggèrent enfin la proximité du traumatisme sexuel avec des intérêts plus marqués pour la pratique BDSM (encore une source d’étude).
Facteurs culturels :
- on pense que les zones urbaines et un environnement plutôt libéral (pensons aux grandes villes comme, par exemple, Berlin, Londres, etc.) peuvent contribuer davantage à entreprendre un style de vie BDSM.
- des niveaux d’instruction élevés et une ouverture d’esprit plus grande,
- des occasions plus nombreuses d’entrer en contact avec la culture BDSM (aussi bien en direct, comme dans des groupes et des associations, qu’en ligne), qui contribuent à déstigmatiser ces formes d’expression sexuelle en remettant en discussion la place du BDSM, en l’éloignant progressivement des psychopathologies.
Que peut faire la thérapie en ligne ?
La thérapie en ligne peut être utile au couple qui pratique ou qui entend pratiquer le BDSM, avant tout pour sonder la présence ou non de psychopathologies qui pourraient transformer ce jeu de rôle en une pratique nocive ou dangereuse.
Avec la thérapie en ligne, il est en effet possible de définir son type de personnalité lié à son propre schéma et vécu familial (aussi bien de manière individuelle qu’en couple), afin d’exclure la possibilité de l’instauration d’un couple BDSM sadomaso à transaction névrotique, capable de reproduire les traumatismes appris pendant l’enfance et de les ramener dans le jeu de rôle, en le transformant en une relation (ou en une pratique BDSM) dangereuse ou même létale.
Pour plus d’informations, écrire à la Dott.ssa Jessica Zecchini.
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