Psychothérapie de groupe en ligne pour adultes victimes d’abus durant l’enfance : 10 séances sur Zoom
By: Jessica Zecchini
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Psychothérapie de groupe en ligne pour adultes victimes d’abus durant l’enfance : 10 séances sur Zoom
De quelle manière les traumatismes infantiles peuvent-ils prédisposer l’adulte à une plus grande vulnérabilité dans le développement de dépressions, de symptômes dissociatifs, d’anxiété ou d’abus de substances ? Quels sont les traumatismes de l’enfance qui peuvent compromettre une bonne relation d’attachement ? Que sont les modèles opérants internes et quelle est la différence entre un comportement d’attachement sécurisé ou insécurisé ? Dans cet article, je proposerai une description de mon projet, composé de 10 rencontres sur la plateforme Zoom, destiné aux adultes qui souhaitent travailler thérapeutiquement en groupe pour guérir des abus vécus dans l’enfance.
Comme l’écrit Martin Teicher (2000) : « les mauvais traitements et les abus produisent des cicatrices difficiles à guérir, ou peut-être jamais complètement cicatrisées ». Les premières années de la vie sont fondamentales pour le développement d’une personne adulte qui devra posséder une bonne estime de soi, une représentation positive de soi par rapport aux autres, ainsi qu’un sens de la valeur et du respect de la vie. Cette condition change lorsqu’un enfant ou une enfant subit des abus durant cette phase sensible : les blessures qui accompagneront sa croissance deviendront dangereuses en raison des effets potentiels qu’elles détermineront à l’âge adulte. L’un des aspects les plus graves de ces abus réside dans le fait qu’ils sont perpétrés par les figures de référence, c’est-à-dire par ceux qui devraient protéger et prendre soin de l’enfant. Ce traumatisme déclenchera chez ces adultes des difficultés relationnelles caractérisées par une méfiance envers les autres personnes et leurs partenaires respectifs, montrant comment, une fois la capacité de faire confiance perdue à un âge précoce, il devient ensuite pratiquement impossible — sauf à travers un travail thérapeutique — de devenir des adultes capables d’établir des relations stables et constructives, en raison d’un problème de méfiance qui conduit à des acting out dans la relation (éloignements, rejet après une première phase initiale de la relation, idéalisation et dévalorisation, dépendance et évitement). Lorsque ces traumatismes se produisent durant l’enfance, leurs effets peuvent se traduire par un abus de substances, des troubles anxieux, des dépressions, des troubles dissociatifs ou une idéation suicidaire. Ce tableau permet de comprendre combien il est nécessaire d’intervenir de manière précoce pour aider les adultes ayant vécu des enfances malheureuses à travailler sur leurs traumatismes, en réparant cette expérience douloureuse qui interfère encore aujourd’hui, à travers des conduites autodestructrices, dans leur vie, même s’ils sont devenus des adultes et que leurs difficultés résident dans leur passé.
Mon projet a pour ambition d’aider de nombreux anciens enfants traumatisés, aujourd’hui adultes encore blessés par leur vécu familial passé, qui ont besoin de pouvoir s’exprimer et se confronter au sein d’un groupe conçu comme un contenant pour réélaborer leur vécu.
LES TRAUMATISMES INFANTILES ET LES BLESSURES ÉMOTIONNELLES DE CEUX QUI ONT EU UNE ENFANCE MALHEUREUSE
Lorsque je parle de traumatisme psychologique, je fais référence à toutes les situations dans lesquelles un événement provoque impuissance, douleur et une condition de fragilité qui altère la vie psychique de l’individu. Dans un de mes articles de blog (http://www.jessicazecchini.it/articoli/trauma-psicologico-infantile-conseguenze/) intitulé « Traumatisme psychologique infantile et conséquences sur le développement : le rôle de l’attachement infantile dans la transmission du traumatisme et ses effets sur la psyché », j’ai mentionné certaines recherches scientifiques ayant démontré que les expériences de maltraitance (négligence, hyper-soins, soins inadéquats, abus physiques et psychologiques, abus sexuels, violence assistée) durant l’enfance étaient la cause d’une plus grande vulnérabilité dans le développement de symptômes dissociatifs, de dépression et d’anxiété. J’ai également illustré l’importance de la relation d’attachement qui s’instaure dans les premières années entre l’enfant et les figures de soins, et comment les expériences traumatiques sont à l’origine d’une altération dans la formation des neurones miroirs, conditionnant négativement les capacités introspectives, empathiques et relationnelles de l’enfant et du futur adulte. Pour cette raison, il est fondamental de s’attarder sur les traumatismes et les blessures qui ont compromis la possibilité d’une bonne réussite dans la relation d’attachement entre le caregiver et l’enfant, capable d’offrir cette sécurité et cette confiance dans la vie et dans le monde, présentes dans l’enfance d’un adulte à attachement sécurisé.
Lorsque nous parlons de traumatismes, nous pouvons en mentionner différents types, plus ou moins intenses :
Micro-traumatismes : situations stressantes ayant jalonné la croissance et l’enfance de l’enfant sans bénéficier d’un soutien adéquat, et ayant rendu l’adulte insécurisé par rapport aux sentiments négatifs éprouvés à un âge précoce.
Abus physiques et psychologiques : vécus par ces adultes qui ont subi dans leur enfance des abus sexuels, des coups, une manipulation psychologique telle que le « gaslighting », et qui présentent encore aujourd’hui des problèmes d’estime de soi et de confiance au niveau relationnel.
Événement traumatique : épisode ou événement ayant menacé la survie de l’enfant en constituant un réel danger pour sa vie, et qui continue à être revécu à l’âge adulte à travers des souvenirs intrusifs, des flashbacks et des cauchemars récurrents. Traumatisme ayant généré un trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Violence domestique : l’enfant a grandi dans un environnement imprévisible, marqué par des épisodes de violence d’un parent envers l’autre ou entre les deux parents. Le chaos familial comprenait disputes, affrontements, cris et, dans certains cas, violence physique entre les parents, auxquels l’enfant devait assister. L’enfant peut également avoir subi lui-même des violences physiques, psychologiques ou assistées. L’adulte développera la peur de fonder sa propre famille et se sentira constamment seul sur le plan relationnel, exactement comme lorsqu’il était enfant et ne se sentait ni protégé ni aimé en raison du chaos régnant dans la famille. Dans certains cas, il cherchera à fuir sa famille d’origine en recherchant un partenaire ayant la fonction de figure parentale protectrice qui lui a été refusée dans l’enfance.
Blessure d’abandon : dans ces cas, les figures de soins n’ont pas été capables de répondre aux besoins de soutien et de proximité de l’enfant. Dans d’autres situations, l’enfant a été élevé par des figures de substitution comme les grands-parents ou des baby-sitters, ou a été abandonné par un parent ou par les deux. L’adulte grandit avec la peur d’être à nouveau abandonné et, dans ses relations, pourra devenir émotionnellement dépendant ou, au contraire, évitant, c’est-à-dire qu’il évitera tout lien ou toute proximité excessive dans les relations.
Blessure de rejet : dans ce cas, l’enfant a subi le rejet et l’hostilité d’un ou des deux parents. Les problèmes issus de cette blessure se manifestent au travail, dans les relations amoureuses, amicales et scolaires. Cet enfant rejeté continuera à se rejeter lui-même à l’âge adulte, préférant la solitude et l’isolement.
Blessure d’injustice : surtout dans les familles avec plusieurs enfants, il est possible qu’un enfant se sente victime d’injustice. Il arrive fréquemment que les parents instaurent des disparités de traitement entre leurs enfants. Dans ces cas, l’enfant endosse le rôle de mouton noir ou de bouc émissaire. Cette expérience douloureuse conduira l’adulte à développer un regard pessimiste sur la vie, percevant dans chaque situation la possibilité d’être maltraité. Il développera une insécurité dans les relations et dans la gestion d’autres sphères de la vie telles que le travail ou la vie sociale. Toute situation pourra être perçue comme une injustice, si l’adulte n’a pas eu l’occasion de réélaborer cette blessure au cours de sa vie.
Blessure de trahison : dans cette situation, l’enfant a subi une trahison de ses attentes face à des promesses non tenues par un parent ou par les deux. Dans certains cas, l’enfant qui se sentait le préféré d’un parent découvre à un moment donné que le frère ou la sœur a pris ce privilège. Il peut également arriver qu’un parent abandonne la famille, faisant se sentir trahis non seulement le conjoint, mais aussi les enfants. L’enfant développera à l’âge adulte des problèmes de confiance, précisément parce que celle-ci a fait défaut très tôt. À l’âge adulte, il adoptera une attitude de « contrôleur » dans ses relations, cherchant à tout prévoir et à avoir des attentes envers les autres, afin d’être certain de pouvoir leur faire confiance, au détriment d’une vie relationnelle épanouissante et heureuse.
Blessure d’humiliation : dans ces cas, l’enfant a été sévèrement réprimandé, se sentant humilié et inadéquat. Souvent, les parents ont parlé de l’enfant devant d’autres personnes en pensant le stimuler à faire mieux, provoquant au contraire un profond sentiment d’inadéquation. L’enfant a été comparé aux autres et amené à se sentir moins capable ou compétent dans l’atteinte des étapes de développement. À l’âge adulte, il se sentira inhibé, anxieux et doté d’une faible estime de soi dans les différents contextes relationnels. Il pourra développer une forte anxiété sociale et un masochisme relationnel, répétant les humiliations subies durant l’enfance.
Peur de l’inconnu : elle s’installe chez les enfants exposés par leurs parents à des situations violentes non familiales, générant une profonde insécurité. Par exemple, l’enfant ayant peur de l’eau et immergé de manière brutale dans une piscine, même pour quelques secondes, ou l’enfant envoyé à la cave malgré sa peur du noir et des espaces clos. Ces expériences, dans lesquelles l’enfant ne s’est pas senti écouté et compris dans l’expression de sa peur, lui feront développer à l’âge adulte de la crainte, de l’anxiété et de l’insécurité face aux changements.
DESCRIPTION DU PROJET : L’IMPORTANCE DE TRAVAILLER THÉRAPEUTIQUEMENT EN GROUPE AVEC DES ADULTES POUR GUÉRIR DES ENFANCES MALHEUREUSES
Dans le projet que je décris, je souligne l’importance, pour les adultes blessés dans leur enfance, de travailler thérapeutiquement à la fois individuellement et en groupe. Souvent, le groupe n’est pas suffisamment valorisé comme contenant permettant une confrontation empathique avec les histoires d’autres personnes partageant la même problématique. Pourtant, selon mon expérience, le groupe a une fonction cathartique et régénératrice dans le processus d’élaboration de traumatismes qui, à ce jour, n’ont pas encore trouvé de solution. Pour les adultes ayant subi des abus durant l’enfance, le groupe devient un moyen de travailler sur leur relation d’attachement, altérée par les traumatismes vécus. Le premier à théoriser l’importance du rôle de l’attachement fut John Bowlby, qui écrivit en 1988 le livre « Une base sûre », décrivant l’attachement comme fondamental pour la survie de l’enfant dans sa recherche de proximité avec la mère et le caregiver. Bowlby démontra, à travers des situations expérimentales, que le comportement d’attachement ne s’activait pas uniquement en présence de nourriture, mais dans la recherche de protection, de soins, de chaleur affective et de sensibilité de la part de la figure d’attachement. En présence d’un caregiver actif et capable de répondre adéquatement, l’enfant instaurait une relation d’attachement sécurisée. Que se passe-t-il en cas d’attachement insécurisé ? De nombreuses études ont mis en évidence l’importance des modèles opérants internes, schémas relationnels intériorisés durant l’enfance : « des représentations mentales contenant un grand nombre d’informations sur soi-même et sur les figures d’attachement, concernant la manière la plus probable dont chacun répondra à l’autre selon l’évolution des conditions environnementales ». Pour évaluer les modèles opérants internes, il existe une interview semi-structurée appelée Adult Attachment Interview (AAI). Les enfants ayant vécu un attachement sécurisé développent un modèle interne dans lequel les autres sont perçus comme fiables et disponibles, et se sentent dignes des soins reçus. En cas d’attachement insécurisé, les sentiments développés sont la colère et l’angoisse envers les autres, ainsi qu’un sentiment d’insécurité. Pour cette raison, il est essentiel pour les adultes traumatisés de pouvoir guérir à travers un travail de groupe, en travaillant sur les modèles opérants internes et sur le comportement d’attachement afin de le transformer d’insécurisé à sécurisé. Il est bien établi que transformer son modèle opérant interne et son comportement d’attachement à l’âge adulte, grâce au travail thérapeutique, favorise une amélioration des relations professionnelles, affectives et sociales. Mon intention est de travailler en groupe en rétablissant les mêmes critères qu’une relation d’attachement saine : confiance, chaleur affective, sensibilité, écoute, empathie, compréhension, suspension du jugement et acceptation totale entre les participants et le caregiver/thérapeute. Je considère le groupe comme un contenant dans lequel chaque membre peut guérir en se sentant en sécurité, aimé, respecté et accueilli dans sa blessure profonde. Dans le groupe, il est possible de réélaborer ses traumatismes en leur donnant de nouveaux sens, grâce également à la profonde résonance émotionnelle avec les autres histoires. Chaque participant devient promoteur du changement des autres et de son propre changement, en mettant en jeu des parties de soi destinées à être une aide empathique envers les autres et envers soi-même. Le groupe de psychothérapie en ligne pour les adultes souhaitant guérir des abus de l’enfance est composé d’un cycle de 10 rencontres sur la plateforme Zoom et a été conçu pour aider les anciens enfants traumatisés à travailler thérapeutiquement, à l’âge adulte, sur leurs schémas relationnels dysfonctionnels, en améliorant leurs relations et leur qualité de vie. Il est probable que ceux qui ont subi des abus durant l’enfance se sentent impuissants face à la possibilité de changer leur condition ou souffrent dans leurs relations à cause d’expériences répétées d’échec. Le groupe représente au contraire une manière de ne pas se sentir seuls et impuissants, mais constitue la base d’un travail thérapeutique où l’échange énergétique et spirituel de tous les participants, y compris le thérapeute, crée les conditions d’une guérison en transformant les schémas relationnels dysfonctionnels en schémas fonctionnels. Carlos Ruiz Zafón : « L’un des pièges de l’enfance est qu’il n’est pas nécessaire de comprendre quelque chose pour le ressentir. Lorsque l’esprit est capable de comprendre ce qui s’est passé, les blessures du cœur sont déjà trop profondes ».
BIBLIOGRAPHIE :
Bowlby J. (1988) : Une base sûre. Applications cliniques de la théorie de l’attachement. Raffaello Cortina Editore, Milan.
Cancrini (2012) : La cura delle infanzie infelici. Viaggio nell’origine dell’oceano borderline. Raffaello Cortina Editore, Milan.
Cancrini L. (2017) : Ascoltare i bambini. Psicoterapia delle infanzie negate. Raffaello Cortina Editore, Milan.
Crittenden Patricia M. (1999) : Attaccamento in età adulta, l’approccio dinamico-maturativo all’Adult Attachment Interview. Raffaello Cortina Editore, Milan.
